Principes et lecture du lieu : modules 1 et 2 de la formation en permaculture
Les deux modules qui coiffent tout le reste : ce qu’on cherche à faire d’un lieu, puis la méthode pour le lire avant de toucher à quoi que ce soit.
Pourquoi ces deux modules ouvrent le cours
Les modules 1 et 2 ne vous apprennent aucun geste : ni paillage, ni plantation, ni creusement. Ils fixent la règle du jeu, puis vous remettent l’outil pour la jouer sur un terrain réel. Tout ce qui vient ensuite, le sol, l’eau, les plantes, les animaux, se range dans ce cadre. C’est pourquoi nous vous conseillons de les suivre dans l’ordre, même si vous brûlez d’aller directement à l’eau ou aux poules.
Le programme reprend le cours de design de Bill Mollison, que Tobias Roberts a réalisé avec des exemples de fermes et de villages sur plusieurs continents. Les principes voyagent bien : un climat tempéré, un balcon ou une prairie se lisent avec la même grille.
Un plan de terrain à la main : le livrable d’un module 2 réussi. Image générée par IA.
Module 1 : éthiques et principes
01
Éthiques et principes en permaculture
Au programme
Les paradoxes de la société moderne
La nature comme modèle
Les schémas et principes du design en permaculture
Les trois « standards », c’est-à-dire les trois éthiques
Les principes traditionnels des peuples indigènes
Ce que vous saurez faire
Énoncer les trois éthiques et vous en servir pour trancher entre deux options
Reconnaître les grands principes de design sur un plan existant
Critiquer votre propre projet avec une grille claire
Chez nousPour prolonger, lisez les douze principes de David Holmgren, l’autre cofondateur de la permaculture (Permaculture: Principles and Pathways Beyond Sustainability, 2002) : ils s’appliquent très naturellement à un jardin européen.
Les trois éthiques de la permaculture se résument en une ligne chacune : prendre soin de la terre, prendre soin des gens, partager équitablement les surplus. Le module vous montre comment elles servent à décider. Vous hésitez entre deux emplacements pour le poulailler : lequel respecte le mieux le sol, lequel vous évite le plus de trajets, lequel laisse de la marge à vos voisins ? Une éthique qui tranche devient un véritable outil de travail.
La liste des principes de design se lit comme un catalogue de bon sens : chaque élément remplit plusieurs fonctions, chaque fonction est assurée par plusieurs éléments, on place près de soi ce qu’on visite souvent. Ce bon sens, justement, est ce qui manque le plus sur un terrain qu’on découvre. Une fois ces règles en tête, vous repérez en quelques minutes les trois erreurs de votre premier plan.
Module 2 : le design en permaculture
02
Le design en permaculture
Au programme
Le design, grand absent de l’usage habituel d’un terrain
Ce qu’un lieu vous permet de faire
Les techniques d’observation
Climat, microclimats et topographie
Cartographie
Analyse des zones et des secteurs
Un design indigène en forêt amazonienne
Ce que vous saurez faire
Relever un terrain : pentes, eau, soleil, vent, passages
Dessiner un fond de plan et plusieurs calques
Placer vos éléments selon les zones et les secteurs
Chez nousLes courbes de niveau, le cadastre et les photos aériennes anciennes de votre terrain sont gratuits sur Géoportail (IGN) ; les données climatiques de la station la plus proche sont sur les fiches de Météo-France. Notre méthode de relevé pas à pas.
Observer avant de dessiner
Le module insiste sur une durée d’observation : idéalement un cycle complet de saisons. Concrètement, ce qui compte, c’est de ne pas arracher, creuser ni planter de manière irréversible avant d’avoir vu le terrain par grand vent, après trois jours de pluie, un matin de gelée blanche et en plein été à quinze heures. Entre-temps, vous agissez sur le réversible : un tas de compost, des bacs, une première haie de boutures.
Les techniques d’observation présentées sont simples, et c’est leur force : se poster au même endroit à différentes heures, noter d’où vient le vent, marcher le terrain après l’averse pour voir où l’eau s’arrête et où elle fuit.
Zones et secteurs, la grille qui change tout
Les zones classent les éléments selon la fréquence de vos visites : la zone 0 est la maison, la zone 1 ce qu’on visite chaque jour, et ainsi de suite jusqu’à la zone 5, la nature qu’on laisse tranquille. Les secteurs décrivent ce qui arrive de l’extérieur : soleil d’été et d’hiver, vent dominant, eau de ruissellement, vues, bruits, risque d’incendie. On superpose les deux et le plan se dessine presque de lui-même.
Prenez trois feuilles : une pour le soleil (où se trouve l’ombre à 9 h, 13 h et 18 h, un jour de printemps), une pour l’eau (où elle coule, où elle stagne), une pour les passages (où vous allez réellement, dix fois par jour). Superposez-les en transparence contre une fenêtre.
Ce que vous voyez est la première version d’un plan de zones et de secteurs. Il a l’air brouillon et il est déjà plus utile que la plupart des plans tracés sur un coin de table.
Ce dont vous avez besoin
Un carnet et un crayon. Le cours se suit mieux en dessinant, même mal.
Une à deux heures par module. Le module 2 est le plus long des deux : reprenez-le une seconde fois après une première promenade sur votre terrain.
Un quiz à la fin de chacun, pour vous préparer à l’examen final à 80 %.
Pas de terrain ? Prenez celui d’un proche, un jardin partagé ou un balcon : la méthode s’exerce à toute échelle, et un après-midi d’observation suffit pour démarrer.