Sol vivant et eau gardée : modules 3 et 4 de la formation en permaculture
Les deux modules de la matière : ce qu’on met sur la terre pour la garder vivante, et ce qu’on fait de l’eau pour qu’elle reste chez soi.
Les premiers gestes du cours
Si les modules 1 et 2 donnent la méthode, ceux-ci donnent les premiers gestes. Ce sont aussi ceux que vous relirez le plus souvent, parce que le sol et l’eau sont les deux sujets où le climat et la géologie changent tout. Un paillis d’épaisseur raisonnable en Normandie ne se règle pas comme sur un sol argileux du Tarn : le cours vous apprend à observer avant de décider, et nos repères français vous donnent les ordres de grandeur.
Module 3 : le sol, une ressource non renouvelable
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Le sol, une ressource non renouvelable
Au programme
La terre, là où tout commence
Le cas de la couche arable de l’Iowa
Conserver la terre : paillis, cultures de couverture, engrais verts, courbes de niveau
Créer de la terre fertile : compost, vers de terre, méthode Fukuoka sans labour
Le réseau trophique du sol d’Elaine Ingham
L’agriculture sur brûlis des anciens Mayas
Ce que vous saurez faire
Lire la texture et la vie de votre sol
Choisir entre paillis, couvert et engrais vert
Monter un compost et lancer une planche en non-labour
Chez nousL’érosion de l’Iowa a ses cousines en France : les coulées de boue des plateaux limoneux de Normandie. Ajoutez le test du bocal pour la texture et la lecture des plantes bio-indicatrices (les ouvrages de Gérard Ducerf font référence). Le brûlis maya se lit comme un fait d’histoire : brûler des végétaux à l’air libre est très encadré en France.
Un sol couvert en permanence : l’idée centrale du module.
Couvrir, c’est le premier réflexe
La phrase qui résume le module tient en quelques mots : un sol nu est un sol en danger. Pluie qui bat, soleil qui dessèche, vent qui emporte : en quelques saisons, la couche vivante s’appauvrit. Le cours en tire des gestes que vous essayez dès cette semaine, avec un carton, un sac de paille ou les feuilles de l’automne.
Le passage sur le non-labour s’applique par étapes. Fukuoka cultivait du riz et de l’orge dans un climat humide du Japon, avec de la paille de retour et des trèfles semés entre les rangs. Dans un jardin limoneux du nord de la France, on commence par une planche test, on observe la reprise de la vie du sol, on se donne deux saisons avant de généraliser.
Prélevez une bêchée de sol, à vingt centimètres de profondeur, un jour où la terre est ressuyée. Regardez : des galeries, des vers, des racines fines, une odeur de sous-bois ? Ou un bloc compact, gris, sans vie visible ?
Puis remplissez au tiers un bocal de cette terre, ajoutez de l’eau, secouez, laissez décanter une nuit. Le sable se dépose en premier, le limon ensuite, l’argile au-dessus. Trois couches, trois proportions : votre texture, sans laboratoire.
Module 4 : techniques de conservation de l’eau
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Techniques de conservation de l’eau
Au programme
Les problèmes liés à l’eau
« Ralentissez-la, dispersez-la, infiltrez-la »
Retenir l’eau dans la terre : barrages, zones humides, matière organique
Irrigation économe : goutte-à-goutte en bambou, bouteille enterrée
Le système de chasse d’eau Watson Wick
L’eau dans une ferme en Inde
Ce que vous saurez faire
Suivre le trajet de l’eau sur votre terrain
Choisir entre matière organique, relief et stockage
Mettre en place une irrigation économe
Chez nousUn plan d’eau de plus de 1 000 m² relève d’une déclaration au titre de la loi sur l’eau (rubrique 3.2.3.0 de la nomenclature de l’article R214-1 du code de l’environnement). Tout assainissement non collectif passe par le SPANC de votre commune et par une filière agréée. L’équivalent local de la bouteille enterrée, ce sont les oyas en terre cuite. Les baissières, en détail.
Ralentir, disperser, infiltrer
Ces trois verbes, avec « couvrir » du module précédent, résument une grande part du cours. Ils mettent des mots sur une intuition simple : l’eau qui file vers le caniveau est une ressource perdue, et la même eau retenue dans le sol devient de la salade en août. La réponse suit toujours le même ordre : d’abord la matière organique, qui retient l’eau comme une éponge, ensuite le relief, qu’on modèle à peine pour ralentir le ruissellement, enfin le stockage, si on en a vraiment besoin.
Une mare au point bas : le dernier maillon de la chaîne de l’eau, pas le premier.
La partie sur l’irrigation économe est un régal de simplicité : le goutte-à-goutte à partir d’un tuyau de bambou ou la bouteille enterrée qui diffuse lentement ne s’achètent pas en jardinerie. À défaut de bambou, un tuyau poreux sous paillis fait le même travail, et les oyas en terre cuite enterrées entre les plants de courges ont fait leurs preuves dans les étés secs.
Le système Watson Wick, un dispositif américain de traitement des eaux usées, se lit pour son principe. Pour un projet chez vous, tournez-vous vers les filières agréées par le SPANC, y compris celles qui reposent sur les plantes.
Ce que vous aurez en main
Un diagnostic de sol maison. Texture, vie, tassement : vous savez d’où vous partez.
Une carte de l’eau. Où elle arrive, où elle file, où elle pourrait rester.
Un premier chantier réaliste. Une planche couverte, un compost, une baissière à l’essai : à votre échelle.
Sol et eau forment l’ossature de tout bon design de jardin : ces deux modules valent sous toutes les latitudes, et ils se relisent crayon en main aux saisons où le terrain pose problème.